"Une chance incroyable" : Des membres de personnel PSL partagent leurs expériences de mobilité en Europe
Baptiste Biancardini, responsable du Welcome Desk PSL, et Justine Petit, coordinatrice de projets formation intelligence artificielle, racontent leurs expériences de mobilité dans le cadre du programme Erasmus +, un dispositif qui propose de nombreuses staff weeks ouvertes au membres de personnel de PSL.
Qu'est-ce qui vous motive à partir en mobilité de personnel dans le cadre du programme Erasmus ?
Justine Petit : Ma participation à une mobilité Erasmus est motivée par la volonté de développer mes compétences professionnelles. Elle me permet également de pratiquer une langue étrangère dans un contexte professionnel et de découvrir un nouveau pays et sa culture.
Baptiste Biancardini : Pouvoir partir en mobilité est une chance incroyable. Déjà, c'est l'opportunité de voyager dans le cadre du travail, de se rendre dans un autre pays européen, une autre culture. Je n'avais jamais visité par exemple la République Tchèque et j'étais d'autant plus intéressé que mon collègue vient de là-bas. Cela nous sort du quotidien et nous met dans un contexte interculturel fort pendant une semaine.
Ensuite, c'est l'occasion de rencontrer des pairs, d'autres universités ou au sein de notre alliance européenne. Différentes positions, différents contextes nationaux, mais généralement les mêmes problématiques. On est tous animés par les mêmes questions, les mêmes ambitions (services aux étudiants par exemple), et les conversations deviennent rapidement riches et passionnantes.
Pouvez-vous présenter brièvement la staff week à laquelle vous avez participé cette année ? Quels bénéfices retenez-vous de cette expérience ?
Justine Petit : Cette année, j'ai participé à la staff week « Healthy Campus » organisée par l'Université Charles de Prague dans le cadre de la certification FISU. Répartis en petites équipes internationales, nous avions pour objectif de concevoir un projet de certification inspiré du modèle développé par l'université d'accueil. Les journées alternaient entre des interventions d'experts, des visites de sites universitaires et des temps de travail collaboratif.
Cette expérience a été particulièrement enrichissante car je travaille actuellement à la création d’un certificat PSL pour la mineure DATA. J’ai ainsi pu m’inspirer des bonnes pratiques mises en œuvre par l’Université Charles, qui possède une forte culture de coopération inter établissements à travers ses 17 facultés réparties dans toute la ville. Les ateliers, centrés sur les thématiques du sport et du bien-être, m’ont également permis de découvrir de nombreux équipements et initiatives innovantes.
Baptiste Biancardini : J'ai participé à une staff week intitulée « Connexions interculturelles : renforcer le soutien aux communautés internationales » (je traduis), autour de l'accueil et de l'accompagnement des populations internationales dans nos universités. C'était à la Palacký University dans la ville d'Olomouc, à l'est de la République Tchèque. C'était organisé par un service équivalent au mien, leur Welcome Office.
Pour la petite histoire, ils avaient participé à la staff week que nous avions organisé il y a deux ans, je savais qu'ils faisaient du très bon boulot et donc c'était assez naturel que je candidate et participe à leur staff week. Le programme de ce genre de staff week est généralement un mélange d'activités culturelles autour de l'université et de sa ville et d'ateliers/conférences pour rentrer dans le vif du sujet et discuter des meilleurs pratiques.
Nous étions donc 20 professionnels, des relations internationales, des services aux étudiants, avec des collègues plus en charge de la communication. Juste pouvoir échanger avec eux, et aussi avec quelques étudiants locaux est déjà passionnant ; nous amenons tous nos défis et les angles avec lesquels nous les approchons. J'en tire quelques idées pour mon propre service, mais aussi des contacts qui je l'espère vont perdurer dans les prochaines années.
Selon vous, quelle est la valeur ajoutée de ce type de mobilité pour les personnels de l'enseignement supérieur ?
Justine Petit : Selon moi, la principale plus-value de cette expérience réside dans les échanges, tant formels qu’informels, avec des participants issus de pays de différents pays du programme Erasmus. Ces discussions permettent de porter un regard nouveau sur ses pratiques professionnelles, d’identifier rapidement leurs points forts et leurs axes d’amélioration, et de s’enrichir des expériences des autres.
Par ailleurs, l’ouverture d’esprit et la convivialité des participants créent un environnement particulièrement favorable aux échanges, rendant l’expérience à la fois enrichissante et très agréable.
Baptiste Biancardini : J'aimerais déjà battre en brèche deux réflexions qui peuvent dissuader les collègues de participer : cela prend du temps et il faut maîtriser l'anglais. Oui, cela prend du temps, mais nous ne prenons quasiment jamais de recul, ni ne donnons du temps au temps. Une staff week, c'est une semaine d'oxygénation sur son quotidien et ses propres pratiques. Même si on est en déplacement dans un autre pays, on reste dans un cadre professionnel : on réfléchit à ce qu'on fait et comment on le fait.
Sur l'anglais, je comprends que ce soit un frein, mais souvent il est assez fictif : les collègues parlent mieux et comprennent mieux l'anglais qu'ils ne veulent l'admettre. A Olomouc, il y avait des Grecs, des Portugais, une Espagnole, une Slovaque, une Allemande, un Hongrois, etc. Certains parlent mieux que d'autres, mais tant qu'on arrive à communiquer le principal est là. Personne n'en veut à un Français d'avoir un accent français, c'est parfois même le contraire !
Sur ce qu'on y gagne, c'est déjà une prise de conscience des enjeux de notre travail à une échelle européenne. Voir que d'autres partagent les mêmes préoccupations et n'y répondent pas forcément de la même manière est un enrichissement essentiel. Découvrir une autre université dans son contexte local (ville, pays, administration), fait forcément réfléchir à comment est organisée notre université et comment on déploie nos pratiques. L'aspect networking est aussi intéressant : avoir des contacts à ce niveau-là, c'est ouvrir les portes à des projets, par exemple au sein d'EELISA, avoir la possibilité d'accueillir ces collègues lors de visites ou même pouvoir un jour visiter leurs établissements.
Une staff week ce n'est qu'une semaine, mais ses bénéfices peuvent être pour des années car c'est une invitation à développer des projets.