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Le séminaire de recherche ENAMOMA-PSL
Ce cycle de rencontres a été initié en janvier 2023 pour proposer un espace de réflexion sur les transformations du monde de la mode et des matières avec une approche transversale tout au long de la filière. Le séminaire s’appuie sur des travaux issus de plusieurs disciplines ainsi que sur des retours d’expérience de terrain. L’écoresponsabilité y constitue un point de départ central, ouvrant de nouvelles perspectives pour repenser les pratiques créatives et leur rôle au sein de la société.
Deux types de rencontres sont proposées:
- les MATINALES, qui réunissent à chaque fois un acteur du monde professionnel et deux chercheurs de disciplines complémentaires ;
- et la PRINTANIERE qui propose une journée complète d’échanges.
Ces rencontres ont toujours lieu en présentiel sur les campus du programme, afin d’enrichir les échanges entre une diversité de participants – professionnels, chercheurs, doctorants et étudiants qui contribuent activement à chaque événement.
Organisé par Benjamin Cabanes (RMIT Vietnam), Cédric Dalmasso (Mines Paris – PSL), Colette Depeyre (Université Paris Dauphine – PSL) et Rami Benabdelkrim (Mines Paris – PSL), le séminaire bénéficie du soutien de la Chaire Filière Textile Responsable.
Séances à venir
Matinale #10 – Numériser sans dénaturer : 24 mars 2026
Avec :
- Brigitte d'Andréa-Novel, professeure, directrice de l'Institut des Transformations Numériques, Mines Paris – PSL
- Sylvain Bureau, professeur, directeur scientifique de la Chaire Improbable, ESCP
- Tony Pinville, PhD, co-fondateur, Heuritech
→ Mines Paris – PSL (8h30-10h15) – Participation libre sur inscription
Printanière #3 : 19 mai 2026
Programme détaillé à venir
→ Université Paris Dauphine – PSL (9h-18h)
Matinales passées
La Matinale #9 a réuni Eugénie Joltreau (European Institute on Economics and the Environment), Vincent Jourdain (Mines Saint-Étienne) et Hatem Sedkaoui (Urbyn / Fédération de la Mode Circulaire).
Les échanges ont porté sur les limites du dispositif de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) face aux ambitions de la transition circulaire. Les intervenants ont notamment souligné que l’éco-modulation, présentée comme un levier d’incitation à l’éco-conception, peine à produire des effets réels sur les choix des entreprises.
Derrière sa technicité, la REP fonctionne surtout comme un dispositif institutionnalisé de gestion des déchets, stabilisant des logiques de recyclage plutôt que de prévention ou de réduction à la source. Cette discussion a mis en évidence des verrous structurels qui limitent la transformation du secteur : dépendance au recyclage, faible différenciation des comportements des producteurs et déconnexion entre conception, consommation et fin de vie des produits.
L’enjeu n’est plus seulement d’améliorer le système existant, mais de repolitiser la REP comme outil de transformation industrielle et environnementale
La Matinale #8 a réuni David Zajtmann (Institut Français de la Mode), Isabelle Robert (IAE Lille, Chaire Tex&Care) et Thibaut Ledunois (Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin).
Après un regard historique sur le développement du modèle du prêt-à-porter, les échanges ont exploré les mutations profondes du secteur, marqué à la fois par la fragilité des marques traditionnelles, l’épuisement du modèle des DNVB (Digital Native Vertical Brands) et l’émergence de nouvelles logiques fondées sur la communauté, la durabilité et la circularité.
La discussion a mis en lumière les difficultés de réplication de modèles innovants ainsi que le déplacement du centre de gravité du marché : de la croissance quantitative vers la création de valeur collective, intégrant les dimensions sociales et environnementales de la production.
Au-delà des stratégies d’adaptation, les échanges ont souligné la nécessité d’un changement de paradigme : penser le business model non comme un instrument de performance isolée, mais comme un outil de transformation structurelle des relations entre marques, producteurs et consommateurs.
La matinale #7 a été coordonnée par Valérie Guillard (Université Paris Dauphine – PSL) dans le cadre de l’initiative de recherche « Sobriété matérielle et justice sociale » qu’elle développe avec le soutien de l’ADEME, de l’Agence du Don en Nature et de la Fondation Dauphine.
La séance a réuni chercheurs et acteurs de terrain autour de la place croissante de la seconde main dans la mode, à la croisée des enjeux économiques, sociaux et symboliques. Sophie Kurkdjian (American University of Paris) a rappelé que la friperie, loin d’être un phénomène récent, s’inscrit dans une histoire longue de la mode populaire et du réemploi, révélant les continuités entre pratiques de nécessité et nouveaux marchés de la durabilité.
Édith De Lamballerie (ESSCA) a présenté son travail doctoral soutenu en 2023 sur la valeur perçue des textiles recyclés, montrant comment les représentations du « déjà porté » ou du « recyclé » influencent la relation au vêtement et la construction du sens éthique dans la consommation.
Enfin, Romain Canler a apporté le regard de l’Agence du Don en Nature, interrogeant les limites de la circularité lorsqu’elle se confronte à la gestion des excédents et à la redistribution.
Ensemble, ces interventions ont mis en évidence la tension entre sobriété et valorisation du surplus, et la nécessité d’articuler les logiques de marché avec une véritable justice sociale du réemploi.
La Matinale #6 a offert un espace d’échange stimulant autour des nouveaux modèles productifs de la mode et du design.
Introduite par Céline Abecassis-Moedas (Catolica-Lisbon School of Business and Economics) et Valérie Moatti (ESCP Business School), la discussion s’est appuyée sur une recherche qu’elles ont mené en Europe et qui interroge la manière dont les entreprises de mode coordonnent la création et la fabrication entre proximité, intégration et externalisation.
Le débat a permis de réfléchir aux conditions d’une relocalisation partielle de la production, non pas comme un simple retour en arrière, mais comme une transformation des chaînes de valeur à travers l’omnishoring, pour combiner avec flexibilité proximité, partenariat et innovation technologique.
Justine Rayssac (Mines Paris – PSL) a ensuite présenté son travail de doctorat en cours consacré à la semi-industrialisation, cette zone d’équilibre où la main et la machine coopèrent pour préserver la singularité des savoir-faire tout en améliorant la reproductibilité.
Enfin, Marie-Angèle Bongars (Alizarine Teinture) a partagé son expérience de la couleur naturelle et de la réintroduction de procédés vertueux qui s’appuie sur l’engagement d’une série d’acteurs dans l’industrie.
Les échanges ont souligné la nécessité d’inventer des modèles hybrides, capables d’allier exigence écologique, innovation technique et respect des métiers.
- Delphine Droz, fondatrice de La Belle Empreinte, experte en développement durable & innovation
- Nadia Maïzi, professeure à Mines Paris-PSL, directrice du Centre de Mathématiques Appliquées et du Transition Institute 1.5, auteure principale du 6e rapport du GIEC
- Astrid de Rengervé, responsable RSE, Le Slip Français
- Sophie Kurkdjian, Assistant professor & chercheure en histoire, American University of Paris / IHTP-CNRS / Culture(s) de mode
- Margot Leclair, Maitresse de conférences en Sciences de gestion, Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail, Aix-Marseille Université
- Isabelle Lefort, cofondatrice de Paris Good Fashion, journaliste indépendante
- Stéphanie Calvino, Fondatrice des rencontres anti_fashion, anti_fashion_project
- Eva Delacroix, Maitresse de conférences en Sciences de gestion – Marketing, Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine – PSL
- Lauryane Tassigny, Doctorante CIFRE en Sciences de gestion – RH & Organisation, Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine – PSL / Les Compagnons du Devoir et du Tour de France
- Frédéric Garcias, Maitre de conférences en Sciences de gestion, Laboratoire LUMEN, IAE Lille
- Alina Glushkova, Chercheur en Intelligence Artificielle centrée sur l’humain, Centre de robotique, Mines Paris – PSL & Sotiris Manitsaris, Directeur adjoint du Centre de robotique, Mines Paris – PSL
- Jean-Pierre Ollier, Directeur artistique broderie et design textile Atelier Jean-Pierre Ollier
- Marine Baconnet, Doctorante en Sciences de l'information et de la communication, Conservatoire National des Arts et Métiers / Supply team Scavi Europe
- Loïc Lerouge, Directeur de recherche CNRS en droit de la santé au travail, Centre de droit comparé du travail et de la sécurité sociale, CNRS, Université de Bordeaux
- Bruno Nahan, Dirigeant de Bugis et Maille Verte Vosgienne, Président de la Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire
Printanières passées
Créer, pour rappeler la place essentielle de l’imagination et du geste. Relier, pour rapprocher les savoirs, les disciplines et les métiers. Transformer, enfin, pour penser l’évolution des pratiques et des modèles économiques à l’heure des transitions écologiques et sociales. La Printanière #2 a esquissé le portrait d’une filière en mouvement, capable de conjuguer sensibilité, connaissance et responsabilité. Elle a réuni un large public venu réfléchir aux transformations des filières de la mode et du textile.
La journée s’est ouverte sur une conversation inédite avec le créateur de mode Olivier Theyskens, autour des fondements et des dynamiques de la créativité dans le champ de la mode. L’entretien mené par Darja Richter-Widhoff (École des arts décoratifs – PSL) a permis un échange généreux abordant la création comme un processus à la fois individuel et collectif, où l’instinct, les références, le doute et la prise de risque constituent des dimensions indissociables du travail artistique. Pour Olivier Theyskens, la créativité ne se réduit pas à l’acte de conception : elle s’étend à l’ensemble des décisions qui structurent le projet, depuis le choix des formes et le contact avec des matières jusqu’à la relation aux publics et à la réception de l’œuvre. Il a souligné le rôle parfois inattendu du regard sur ton propre travail, au travers des images des photographes ou de rétrospectives muséales. Les échanges ont mis en évidence les tensions inhérentes à l’activité créative, prises entre la recherche d’expression personnelle et les contraintes économiques et organisationnelles propres à l’industrie. Ils ont également souligné la nécessité, pour les entreprises, de maintenir des espaces d’autonomie et de confiance favorables à l’expérimentation.
La Printanière a également offert un aperçu des dynamiques de recherche actuellement à l’œuvre en France. En réunissant plusieurs initiatives académiques, elle a donné à voir la cohérence d’un champ en structuration, où se croisent design, économie, ingénierie et sciences sociales. Les invités issus de quatre programmes académiques ont illustré cette complémentarité des recherches en cours lors d’un dialogue modéré par Isabelle Lefort (Paris Good Fashion) :
- Andrée-Anne Lemieux (IFM, Chaire Sustainability IFM–Kering) a partagé les résultats d’une recherche sur la durabilité extrinsèque des vêtements et produits textile, qui vise au développement d’un outil de mesure permettant d’améliorer la longévité des produits de mode.
- Jérémy Legardeur et Valentina Nardi (ESTIA, Chaire BALI) ont présenté les conclusions de leur étude européenne sur le Passeport Numérique Produit qui éclaire les défis industriels, techniques et réglementaires qui accompagneront sa mise en œuvre dans la filière textile.
- Maud Herbert (IAE Lille, Chaire Tex&Care) a présenté, en avant-première, les résultats de la seconde étude de l’Observatoire de la mode circulaire publiée fin novembre 2025, avec de nouveaux enseignements sur les comportements de consommation textile, la perception de la durabilité et les pratiques de réemploi et de seconde main.
- Francesco Delloro (Mines Paris – PSL), Colette Depeyre (Université Paris Dauphine – PSL) et Joséphine Schmitt (École des arts décoratifs – PSL) ont présenté les premiers résultats du projet de recherche ANR IDEOMM (voir onglet "Projets de recherche") consacré à l’exploration du potentiel de gisements inhabituels pour la mode.
- Rami Benabdelkrim (Mines Paris – PSL) a ensuite présenté la Galerie doctorale interdisciplinaire exposée pendant la Printanière, avec la présentation de 25 thèses en cours en récemment soutenues dans le domaine de la mode et des matières. Cette galerie inédite a mis en évidence la vitalité d’un champ de recherche où les travaux doctoraux explorent conjointement les dimensions créatives, techniques et sociales de la mode.
Consulter la Galerie de recherches doctorales 2025
L’après-midi s’est ensuite ouverte sur une table ronde modérée par Benjamin Cabanes (RMIT Vietnam) et Pascaline Wilhelm (ENAMOMA-PSL), réunissant Philippe Berlan (Everdye), Myriam Chikh-Mentfakh (LeLabPlus) et Adeline Sapin (Solstiss), autour d’une question devenue centrale : où se loge aujourd’hui la créativité dans une filière mode en recomposition ? Les échanges ont souligné que la créativité ne se limite plus à l’expression esthétique des collections. Elle se diffuse dans les matières, les procédés, les ateliers et même les laboratoires. Designers, techniciens, ingénieurs et équipes commerciales apprennent à travailler dans un même mouvement, en partageant un langage commun qui transforme leurs rôles et redéfinit les frontières traditionnelles entre création et production. Les intervenants ont souligné que la contrainte, qu’elle soit technique, environnementale ou économique, n’étouffe pas la créativité ; elle la structure. Face à l’accélération des cycles et à la demande croissante de transparence, les entreprises ouvrent davantage leurs ateliers, rendent visibles leurs gestes, et réinstaurent un dialogue concret entre conception et fabrication. Dans ce contexte, inventer, c’est accepter d’ajuster, de faire tenir ensemble exigences industrielles et visions esthétiques, d’imaginer de nouvelles manières de créer ensemble. La discussion a également montré que la créativité devient un effort collectif, nourri par des coopérations étroites entre maisons, fabricants, startups et laboratoires.
Le co-développement s’impose comme un mode de travail naturel : on expérimente ensemble, on teste des matières, on affine des procédés, on cherche des solutions de moindre impact tout en ouvrant de nouveaux possibles esthétiques. De la dentelle de Caudry aux procédés de teinture bas-carbone, des ateliers artisanaux aux plateformes d’innovation technologique, la créativité apparaît ainsi comme le moteur silencieux de la transition : une créativité élargie, distribuée, qui naît de la rencontre entre les savoir-faire, les contraintes industrielles et les impératifs de durabilité.
La Printanière s’est clôturée par une conversation vitalisante avec Cynthia Fleury-Perkins (CNAM, Chaire Humanités & Santé), qui a invité à penser le lien entre le care et le textile. L’entretien mené par Cédric Dalmasso (Mines Paris – PSL) a d’abord porté sur la fonction thérapeutique de la beauté : les vêtements, les matières et les formes peuvent contribuer à la restauration du sujet. Le textile devient une enveloppe de soin, un support sensoriel et symbolique qui aide à contenir, protéger et réhabiliter. La question de la dignité, du rapport au corps et de l’attention au détail apparaît comme essentielle. Au-delà de cette dimension sensible et thérapeutique, Cynthia Fleury a également replacé le care dans une réflexion plus large sur les formes de gouvernance et de transmission. Le soin ne relève pas uniquement de la relation interpersonnelle : il constitue aussi un principe d’organisation collective. Penser le care, c’est penser la manière dont une communauté prend soin d’elle-même, de ses savoirs et de ses milieux. Dans cette perspective, la transmission des gestes et des métiers devient un enjeu central, tout comme la reconnaissance de celles et ceux dont le travail rend la filière possible mais reste souvent invisible. Cette lecture éclaire autrement la transformation des filières de la mode et du textile : réindustrialiser ne consiste pas seulement à produire à nouveau, mais à recréer des liens de confiance, à reconstruire des communs fondés sur la coopération et la responsabilité partagée. Le care devient ainsi une manière d’imaginer une filière durable — attentive à la fois aux personnes, aux pratiques et aux conditions de leur existence.
Avec le soutien du réseau EELISA – European Engineering Learning Innovation and Science Alliance.
« PERCEPTIONS DES MATIÈRES : langage, outils et imaginaires »
- Edith De Lamballerie, doctorante en Sciences de gestion – Marketing, Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine – PSL & Valérie Guillard,professeure des universités en Sciences de gestion – Marketing, Dauphine Recherches en Management, Université Paris Dauphine – PSL
- Laetitia Forst, post-doctorante & designer textile, Centre for Circular Design & Center for Sustainable Fashion, University of the Arts London
« PRÉSERVATION CRÉATRICE : un tour d’horizon d’explorations en cours »
- Tatiana Budtova, directrice de recherche, CEMEF, Mines Paris – PSL
- Joséphine Schmitt, doctorante & designer textile, Mines Saint-Etienne & EnsadLab
- Aurélia Wolff, créatrice textile, WHOLE
« TRANSFORMER LES ÉCOSYSTÈMES : ressources, filières et territoires »
- Sylvaine Berger, directrice adjointe et responsable bioéconomie, Solagro
- Delphine Droz, fondatrice, La Belle Empreinte
- Nina Giorgi, consultante Textile et administratrice, Lin & Chanvre Bio & Christelle Sapin-Didelot, directrice générale, Façon de faire
KEYNOTE
- Mossi Traoré, créateur de mode
Le programme scientifique de la Chaire Filière Textile Responsable
Les projets de recherche s’appuient sur le programme de la Chaire Filière Textile Responsable portée par Mines Paris – PSL x ENAMOMA-PSL. La Chaire a pour ambition de rapprocher industrie et création dans la mode, en menant des recherches autour de trois questions clefs :
- Comment développer la responsabilité collective des filières ? Pour préserver, capitaliser, imaginer, défendre, construire collectivement une nouvelle vision de la mode.
- Comment explorer le potentiel créatif et industriel des matières ? Pour développer de nouveaux ponts créatifs, à partir de matières qui souvent perturbent les habitudes mais sont au cœur des enjeux écologiques et sociaux qui transforment la mode.
- Comment faire dialoguer les savoirs et technologies nécessaires à la transition ? Pour approcher avec méthode et ouverture le croisement des expertises et faire émerger les compétences de la mode de demain.
Ces questions sont étudiées via une diversité de formats de projets : recherches doctorales ou post-doctorales, contrats de recherche collaboratifs avec des partenaires privés, consortiums de recherche public, projets pédagogiques exploratoires, médiation.
Explorer le potentiel de gisements inhabituels
L’équipe ENAMOMA-PSL a porté le projet de recherche ANR IDEOMM « Industriation de déchets organiques et minéraux pour la filière mode » qui a été financé en 2024 et 2025 par le programme « Sciences avec et pour la société – Ambitions innovantes » de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-23-SSAI-0002-01).
Des chercheur·e·s de quatre laboratoires de l’Université PSL (Dauphine recherches en management, le Centre des matériaux et le Centre de gestion scientifique de Mines Paris – PSL et l’Ensadlab) ont collaboré avec le créateur de mode Mossi Traoré qui dans sa démarche, explore le potentiel pour la mode de nouveaux gisements de matières. Il a notamment développé le projet MOSART® avec l’entreprise Solvalor, pour trouver de nouveaux exutoires à des particules fines de terres d’excavation du Grand Paris, lavées, triées, séchées puis broyées : le Solfill®.
La recherche collaborative qui a été menée a visé à ouvrir l’univers des manipulations de matières, à questionner leur portée et à développer des outils interdisciplinaires permettant d’accompagner les explorations. Pour caractériser les gisements, guider les explorations matérielles, ou encore visualiser les incidences. L’objectif était d’accompagner celles et ceux qui mettent à l’épreuve des matières inhabituelles qui viennent perturber les habitudes de la mode.
En 2026 le projet de recherche rentre dans une seconde phase avec le soutien de The Transition Institute 1.5 et de la Chaire Filière Textile Responsable, pour poursuivre les explorations matières et méthodologiques interdisciplinaires.
Mode & minéraux
Le Musée de minéralogie de Mines Paris – PSL est un lieu historique, à la fois conservatoire du monde minéral et lieu de recherche. Les enjeux contemporains sont autant d’occasion de revisiter les gisements de ressources minérales qui sont ou ont été exploités.
Dans le cadre du projet de recherche ANR IDEOMM détaillé ci-dessus, un parcours muséographique « Mode & minéraux » a ainsi été créé. Il étudie les liens qui unissent ou séparent deux mondes, celui de la mode et celui des minéraux. Une occasion de réfléchir à l’origine naturelle ou synthétique des matières, à leur abondance ou fragilité, aux communautés qui les manipulent, à celles qui les mésestiment.
Cinq thèmes sont discutés au travers de questions concrètes sur nos textiles et vêtements : la connaissance des minéraux, l’empreinte environnementale des activités humaines, l’artisanat et l’industrie, la santé et le bien-être, et ce qui relève de la création et de la sensorialité.
Un moment au musée pour mettre en lumière le précieux de notre quotidien et (ré)apprendre à observer, toucher et apprécier des matières sensibles.
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Noemie PICHON Docteur en Mécanique, énergétique, génie des procédés, génie civil : « Méthode de génération de données d’inventaire du génie des procédés textiles – contribution à l’écoconception des vêtements » sous la direction de Anne Perwuelz et Ludovic Koehl au GEMTEX (thèse soutenue le 20 décembre 2023). |
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Mariam BEAURE D'AUGERES Doctorante en Sociologie de l’innovation & Sciences des matériaux : « Qu’est-ce qu’un jean durable ? » sous la direction de David Pontille et Francesco Delloro au Centre de Sociologie de l’innovation et au Centre des matériaux, Mines Paris – PSL (2024-). |
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Kélia ISLAS Doctorante au Centre de recherche Urbanisation, Culture et Société : Kelia Islas, suit les corps en mouvement, ces danses invisibles de jeunes racialisés et racialisées qui transforment la ville en scènes de résistance à travers des performances esthétiques. Leur présence est un langage, un défi lancé à l’exclusion. Sous la direction de Leslie Touré Kapo à l’INRS au Canada (2024-) |