Riccardo Fornasari, Young Starting Grant 2025 : penser une transition écologique plus juste à travers les matières premières critiques
Riccardo Fornasari, maître de conférences en droit à Paris Dauphine - PSL, pilote le projet METIS (Materials for Energy Transition and Inclusive Sustainability). Son ambition : comprendre comment les pays riches en ressources naturelles peuvent mieux valoriser leurs matières premières critiques, au cœur des enjeux de transition écologique, tout en défendant les droits humains, sociaux et environnementaux.
Les appel à projets Young Starting Grants s’adressent aux jeunes chercheuses et chercheurs prochainement ou récemment recruté.e.s à l’Université PSL, et offre un financement de 150k€ maximum, destiné à leur permettre de démarrer leurs projets scientifiques et à faciliter un dépôt de projet à l'ERC.
Pouvez-vous vous présenter?
Je m’appelle Ricardo Fornasari, je suis maître de conférences en droit à l’Université Paris-Dauphine PSL depuis 2024. J’ai réalisé une thèse en co-tutelle entre l’Université de Bologne en Italie et l’Université Paris-Nanterre. Mes recherches sont interdisciplinaires, à la croisée du droit et de l’économie politique.
Pouvez-vous nous présenter votre projet financé par le Young Starting Grant?
Mon projet s’appelle METIS (Material for Energy Transition and Inclusive Sustainability). Il étudie les matières premières, souvent dites "critiques", nécessaires pour la transition écologique et le développement de nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
L’objectif est d’analyser comment quatre États du Sud Global riches en ressources naturelles – Chili, Indonésie, Zimbabwe et Madagascar – mettent en place des régimes de gouvernance pour capter une plus grande part de la valeur produite à partir de leurs ressources. Nous étudions comment ces régimes interagissent avec ceux du Nord global, surtout de l’Union européenne, et quels impacts cela a sur les droits humains, les droits des travailleurs et la protection de l’environnement.
Mon approche est interdisciplinaire : elle combine droit, économie politique, sociologie et histoire. Cela permet de comprendre les transformations du système-monde de manière intégrative, en capturant la complexité des enjeux liés aux matières premières et à la transition écologique.
Pourquoi cette recherche est-elle importante aujourd’hui?
Ces matières premières sont au cœur des débats pour la transition écologique. L’approche adoptée est importante car elle ne se limite pas à un point de vue eurocentré : elle examine les possibilités de coopération et de régulation à partir de la perspective des pays fournisseurs de ressources, dans un contexte où les rapports de pouvoir mondiaux sont en transformation. L’objectif est de contribuer à une transition climatique juste et inclusive.
En quoi le Young Starting Grant a-t-il changé votre travail?
Le financement est absolument crucial. Il m’a permis de recruter quatre assistants de recherche issus des pays étudiés, qui rédigent des rapports sur le cadre législatif, politique, culturel et social. Cela permet d’avoir une perspective locale et précise, impossible à obtenir autrement.
Il rend aussi possible la réalisation de travaux de terrain : entretiens, visites de mines, collecte de données. Sans ce soutien, ces activités seraient inaccessibles.
Enfin, ce financement ouvre la possibilité de postuler à des projets plus importants (ANR, fonds européens) et de recruter doctorants ou post-docs pour élargir l’équipe et la rendre plus stable sur le long terme.
Quelle est la durée de votre projet et quelles sont les prochaines étapes?
Le projet dure quatre ans. Les premiers rapports des assistants sont rendus et les terrains ont commencé, avec deux vagues de visites prévues dans chaque pays. Les premières publications scientifiques sont déjà en préparation. Ensuite, nous allons collaborer avec des chercheurs locaux pour produire d’autres articles et candidater à des financements plus larges pour prolonger et étendre le projet.
Pourquoi avoir choisi PSL et comment avez-vous connu l’existence des Young Starting Grants?
J’ai été informé via un mail de l’Université PSL et par des collègues. PSL est un environnement idéal pour ce type de projet en raison de ses enseignements pluridisciplinaires et de la diversité de ses institutions, qui favorisent les collaborations internationales. Sa renommée facilite aussi les partenariats avec d’autres universités, notamment en Amérique latine, en Asie ou en Afrique.
Quels conseils donneriez-vous à de jeunes chercheurs souhaitant postuler à un Young Starting Grant?
Le projet doit vous intéresser personnellement et être ambitieux, à la fois intellectuellement et par ses retombées sociétales. Il est important d’avoir une idée claire de l’impact que votre recherche peut avoir, en plus de sa valeur scientifique.