Quentin Perrenoud, Chaire de professeur junior 2026 : Comprendre les dynamiques du cortex
Spécialiste des dynamiques neuronales du cortex visuel, Quentin Perrenoud développe à PSL un programme de recherche consacré aux mécanismes qui organisent l’activité cérébrale dans le temps. Son objectif : mieux comprendre comment les interactions entre réseaux neuronaux façonnent perception et cognition.
Les Chaires de professeurs juniors (CPJ) constituent une nouvelle voie de recrutement sur projet de recherche et d’enseignement permettant à son terme, entre 3 et 6 ans, et après évaluation de la valeur scientifique et de l’aptitude professionnelle de l’agent ou de l’agente par une commission de titularisation, d’accéder à un emploi titulaire dans le corps des professeurs des universités et assimilés ou de directeurs de recherche.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis chercheur en neurosciences. À l’origine, j’ai été formé en biologie, avec une spécialisation en génétique et biologie moléculaire à Sorbonne Université puis à Université Paris Cité. Mais au moment de ma thèse, j’ai choisi de me tourner vers les neurosciences, un domaine qui m’attirait depuis longtemps et qui est devenu central dans mon parcours.
Votre terrain de recherche est le cortex. Pourquoi ?
Le cortex cérébral est une région fascinante : il représente environ les deux tiers de notre cerveau et joue un rôle clé dans nos capacités cognitives — percevoir, mémoriser, décider.
Je travaille plus particulièrement sur le cortex visuel, qui est un excellent modèle pour comprendre les grands principes de fonctionnement du cerveau. L’un des avantages, c’est que l’on peut contrôler précisément les informations visuelles envoyées au cerveau et observer comment il les traite.
Qu’essayez-vous de comprendre concrètement ?
Je m’intéresse à la manière dont les neurones communiquent entre eux dans le temps. L’activité du cerveau n’est pas statique : elle est rythmée par des dynamiques très rapides, qu’on appelle parfois des “ondes cérébrales”.
Je travaille notamment sur les ondes gamma, associées à des états d’attention. Mon objectif est de comprendre comment ces dynamiques émergent, en particulier à travers les interactions entre le cortex et le thalamus, une autre structure clé du cerveau.
Pourquoi ces recherches sont-elles importantes ?
Il y a un enjeu fondamental : comprendre comment fonctionne le cerveau, c’est aussi mieux comprendre ce qui fait notre pensée et notre perception du monde.
Mais il y a aussi un enjeu très concret : de nombreuses pathologies, comme la schizophrénie ou l’autisme, impliquent des dysfonctionnements du cortex. Mieux comprendre ses mécanismes, c’est ouvrir la voie à une meilleure compréhension de ces troubles.
Que vous apporte la chaire de professeur junior ?
La chaire est un véritable tremplin. Elle me permet de lancer mon propre programme de recherche, avec un cadre, des moyens financiers et la possibilité de recruter une équipe.
C’est aussi un levier pour aller chercher d’autres financements et structurer un projet scientifique sur le long terme.
Pourquoi avoir choisi PSL et quelles sont maintenant vos perspectives ??
PSL offre un environnement scientifique exceptionnel, avec une forte concentration de chercheurs et une grande diversité d’approches.
Ce qui est particulièrement stimulant, c’est la possibilité de dialoguer avec des équipes qui travaillent à d’autres échelles - du moléculaire jusqu’aux réseaux neuronaux. Cela permet de relier différents niveaux de compréhension du cerveau.
Mon objectif est de développer ce programme de recherche, de constituer progressivement une équipe et d’obtenir de nouveaux financements.
En parallèle, je vais aussi m’investir dans l’enseignement, notamment au sein du master de l’ENS -PSL, une dimension essentielle pour transmettre et former la prochaine génération de chercheurs.