Zijun Wang, Chaire de professeur junior 2026 : repousser les limites de l’imagerie médicale grâce aux nanomatériaux
Titulaire d’une Chaire de Professeur Junior, Zijun Wang développe des nanoparticules capables d’émettre dans le proche infrarouge pour améliorer l’imagerie des tissus profonds et la photothérapie. Son ambition : permettre aux médecins de visualiser et cibler les tumeurs avec une précision inédite, grâce à une plateforme théranostique combinant diagnostic et traitement.
Les Chaires de professeurs juniors (CPJ) constituent une nouvelle voie de recrutement sur projet de recherche et d’enseignement permettant à son terme, entre 3 et 6 ans, et après évaluation de la valeur scientifique et de l’aptitude professionnelle de l’agent ou de l’agente par une commission de titularisation, d’accéder à un emploi titulaire dans le corps des professeurs des universités et assimilés ou de directeurs de recherche.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Zijun Wang et je suis actuellement professeur junior (CPJ) à Chimie ParisTech- PSL. J’ai obtenu mon doctorat aux Pays-Bas en 2019, puis j’ai poursuivi mes recherches en France en tant que chercheur postdoctoral avant de rejoindre l’Allemagne en tant que boursier Humboldt. Mes travaux se situent à l’interface hautement interdisciplinaire de la chimie des nanomatériaux, de la photophysique et des biocapteurs.
Votre projet en quelques mots
Mes recherches actuelles portent sur l’ingénierie de nanocristaux émettant dans le proche infrarouge et leur utilisation comme nanosondes pour l’imagerie biologique profonde des tissus ainsi que pour des applications en photothérapie. L’objectif est de développer une plateforme théranostique capable de répondre à différents enjeux de santé.
Pourquoi cette question de recherche est-elle importante aujourd’hui ?
Le transfert clinique de l’imagerie optique et de la photothérapie est fortement limité par la faible pénétration de la lumière dans les tissus et par la résolution optique. En exploitant la fenêtre du proche infrarouge, la lumière peut pénétrer à plusieurs centimètres de profondeur tout en conservant une résolution spatiale de l’ordre du micromètre. Lever cette limitation pourrait révolutionner l’oncologie de précision en permettant aux chirurgiens de cartographier en temps réel les réseaux vasculaires complexes des tumeurs et de détruire sélectivement les cellules cancéreuses sans endommager les tissus sains environnants.
En quoi la Chaire de Professeur Junior vous aide-t-elle concrètement à lancer votre projet ?
La Chaire de Professeur Junior a véritablement changé la donne pour moi. Elle constitue le catalyseur décisif qui me permet de passer du statut de chercheur encadré à celui de responsable de recherche indépendant. Elle m’offre non seulement une plateforme académique prestigieuse, mais également un soutien essentiel. La CPJ s’accompagne notamment d’un financement très compétitif de l’ANR, qui m’a permis de démarrer rapidement en recrutant un doctorant pour trois ans et en acquérant les équipements indispensables au lancement du projet.
Pourquoi avoir choisi PSL pour développer vos recherches ?
Mes recherches nécessitent un environnement multidisciplinaire permettant de relier la physicochimie fondamentale, les interfaces bioconjuguées et la validation préclinique. L’Université PSL, et plus particulièrement l’Institut de Chimie pour les Sciences du Vivant et la Santé (i-CLeHS), offre un écosystème exceptionnel qui rend cela possible. J’y collabore directement avec des experts de renommée internationale en chimie moléculaire, biologie médicinale et chimie théorique. De plus, notre équipe SEISAD possède une expertise reconnue en formulation, techniques analytiques et systèmes de diagnostic, avec un accès direct à la plateforme d’imagerie optique pour petits animaux LIOPA. PSL est l’endroit où je peux concevoir des nanoparticules le matin et en valider le potentiel théranostique l’après-midi.
Quelles sont les prochaines étapes ?
À court terme, je poursuis nos travaux d’ingénierie des nanoparticules et nous commencerons prochainement les premières études cellulaires in vitro en collaboration avec plusieurs partenaires de notre unité. Parallèlement, je me concentre sur l’obtention de financements complémentaires, tels que le PSL Starting Grant et le programme JCJC, afin de finaliser l’acquisition de notre banc optique proche infrarouge sur mesure et de recruter des doctorants et chercheurs postdoctoraux. Ces actions permettront de constituer une masse critique de données, d’équipements et de ressources humaines, indispensable pour faire de notre équipe un acteur de premier plan dans le domaine de la nanomédecine optique.