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La vie de campus par temps de Covid-19 : un an d’adaptation, d’engagement solidaire et de réinvention

Le

Entre mars 2020 et mars 2021, l’université a changé de visage, a adapté son cadre et ses usages pour faire face à cette pandémie mondiale. De la mise en place des cours à distance à celle de protocoles sanitaires, en passant par une réinvention de la vie de campus, étudiantes, étudiants et acteurs de la vie étudiante témoignent de cette année si particulière en attendant des jours meilleurs. 

Illustration de la vie étudiante confinée au printemps 2020 par Marius Buet, des Beaux-Arts de Paris

Illustration de la vie étudiante confinée au printemps 2020 par Marius Buet, des Beaux-Arts de Paris

Du premier confinement à la rentrée 2020

En mars 2020, l’université retenait son souffle, se préparant sans oser encore y croire à une modification profonde de son activité. Dès l’annonce du chef de l’Etat le 12 mars, les plans de continuité pédagogique sont entrés en vigueur. Les salles de classe, de TP, les portes des laboratoires et des bureaux ont été fermées. Les emplois du temps ont été réorganisés et progressivement l’usage de Teams, Gotomeeting, Zoom, Discord... s’est généralisé au point de s’imposer dans le langage universitaire. Chaque établissement-composante a déployé les solutions qui lui paraissaient les plus adéquates pour assurer ses enseignements et a fourni aux enseignants des licences, matériels et outils. En parallèle, l’école interne de PSL a mis en place un parcours d’accompagnement pédagogique pour leur permettre d’adapter les cours et le suivi des étudiants à ces nouveaux formats distanciels.

 

Séminaire de recherche sur ZOOM

La vie étudiante, ce n’est pas juste un « plus » à côté des cours et de la formation. C’est un volet essentiel qui participe à l’équilibre des jeunes, par la socialisation, la réalisation de soi, la détente et les loisirs, la mise en œuvre de projets concrets. Florence Benoit-Moreau

« Dans les premières semaines et premiers mois, il a fallu gérer l’urgence : la continuité pédagogique. Les actions de la vie étudiante se sont redéployées autour du maintien du lien via des newsletters hebdomadaires et le lancement de fonds d’aide sociale et numérique ouverts aux étudiantes et étudiants de tous les établissements PSL. A la rentrée, il y eut l’espoir de reprendre la vie associative, malheureusement finalement très limitée sur toute l’année universitaire. De cette période résulte une forte prise de conscience pour toute la communauté PSL : la vie étudiante, ce n’est pas juste un « plus » à côté des cours et de la formation. C’est un volet essentiel qui participe à l’équilibre des jeunes, par la socialisation, la réalisation de soi, la détente et les loisirs, la mise en œuvre de projets concrets. Il en restera des traces positives dans la façon de penser les programmes et de définir les priorités » explique Florence Benoit-Moreau, vice-présidente vie étudiante et responsabilité sociale de l’Université PSL.

Très vite, après l’annonce du confinement, l’urgence pour les établissements a été de garder le lien avec la communauté étudiante et d’aider celles et ceux en situation délicate. Il a fallu en premier lieu rapatrier les étudiants en stage ou séjours à l’étranger et accompagner les internationaux accueillis dans les formations PSL. Des dispositifs d’aide ponctuels ont été mobilisés pour les étudiants rencontrant des difficultés financières, psychologiques, sanitaires… Certains de ces dispositifs pré-existaient, d’autres ont été créés pour l’occasion et perdureront au-delà de la crise. Une part des loyers a, par exemple, été prise en charge par des fonds d’aide d’urgence, des tickets services ont été distribués aux étudiants en difficulté, de nouvelles bourses et des prêts de matériel ont permis de couvrir des besoins en équipements numériques, etc. En complément, en juillet 2020, un fonds d’aide d’urgence avec un volet social et numérique a été lancé pour soutenir l’ensemble des étudiantes et étudiants de PSL dans la perspective de la rentrée.


Une rentrée particulière

Dès l’annonce du premier déconfinement, les services scolarité, logistique et vie étudiante des établissements de PSL se sont attachés à préparer collectivement la rentrée 2020. Si le désir partagé par les cheffes et chefs d’établissements et le président de l’Université PSL était de permettre à l’ensemble des étudiants de revenir en présentiel, il fallait parer à toutes les éventualités. L’été a été mis à profit pour renforcer l’équipement informatique des salles de cours, le parcours pédagogique proposé aux enseignants par l’Ecole interne a été enrichi, et les établissements ont chacun mis en place des protocoles sanitaires adaptés pour garantir un retour sur site dans les meilleures conditions possibles.

En parallèle, les services de la vie étudiante ont renforcé leurs offres. Le lancement du nouveau service santé étudiante PSL a ainsi été avancé en septembre.

« Un groupe de travail préparait depuis quelque temps déjà la mise en place d’un service mutualisé de santé préventive pour l’ensemble de nos étudiants. Le contexte de la pandémie a accéléré son lancement et nous a incités à mettre en place un service de téléconsultation complémentaire. La crise du Covid a révélé le besoin des étudiants en soutien psychologique, certes accru par le contexte de pandémie. Il se révèle néanmoins globalement essentiel pour cette population, car les études sont une période de construction, de changements et d’orientations qui fragilise les jeunes », précise encore Florence Benoit-Moreau.

Le nouveau service santé étudiante offre, en plus d’une prise de rendez-vous classique avec un médecin, une infirmière et un psychologue sur deux lieux du campus, la possibilité d’accéder à un service de téléconsultation avec plus de 30 spécialités médicales 7j/7 et sur des horaires étendus. Une offre inédite, qui, si elle prend tout son sens pendant la pandémie, sera maintenue pour les années à venir. 

Meet and Greet 2020

Le Welcome desk de PSL, service d’accueil des étudiants internationaux, a également renforcé son offre. Parmi la communauté étudiante, celle des étudiants internationaux était l’une des plus fragilisée par la crise. Annulation des vols, suspension des visas… la crise sanitaire a considérablement amplifié les tracasseries administratives des primo-arrivants. Pour faciliter les démarches à distance et accompagner les étudiants avant leur arrivée, le Welcome Desk de PSL a mis en place une plateforme numérique. Une fois en France, un programme de parrainage a permis aux étudiants internationaux une insertion en douceur et un relais essentiel pour comprendre les protocoles et mesures sanitaires en vigueur. En dépit de la crise Covid et de la baisse notable du nombre de visa étudiants délivrés (estimée à – 20% fin octobre 2020), les formations de l’université ont ainsi accueilli 22% d’étudiants internationaux à la rentrée 2020, Une belle réussite, quelques mois après l’obtention du label « Bienvenue en France » !

Toutes et tous masqués, se lavant abondamment les mains, respectant les jauges des salles, les indications des référents Covid et des protocoles sanitaires… la rentrée 2020 s’est faite à PSL.
« Reprendre les cours en présence à la rentrée a été un vrai plaisir et cela a été décisif pour le reste de l’année. J’ai pu rencontrer de nouvelles personnes et tisser de nouvelles amitiés. Elles ne se sont finalement que fortifiées avec le confinement, puisque nous comptions les uns sur les autres pour nous entraider ! Nous nous appelions avant et après les cours, comme si nous passions du temps en cafet', et progressivement nous nous sommes organisés pour suivre quelques cours ensemble, chez l’un ou l’autre, cela nous a rapprochés et beaucoup aidés » témoigne Juliette, étudiante en CPES.
Dans chaque établissement des équipes de référents covid ont été nommées. Chargées de conseiller et orienter au fil de l’évolution de la situation sanitaire, leur mobilisation a permis de proposer des test PCR dès octobre sur le campus en partenariat avec un laboratoire.  

 

Une vie associative étudiante à réinventer

Les événements prévus chaque année ont été totalement repensés et d’autres, inédits, sont nés lors de nos échanges sur Teams (comme quoi ça a aussi du bon).

Ainsi, loin du scénario de mars 2020, les activités de recherche et d’enseignement, moyennant une alternance entre présentiel et distanciel, ont pu reprendre leur cours jusqu’au nouveau confinement d’octobre. En janvier 2021, grâce notamment à la mobilisation d’Alain Fuchs et des cheffes et chefs d’établissements, les étudiants en première année de licence ont pu progressivement commencer à regagner les salles de cours de l’université. A partir du 8 février enfin, l’ensemble des étudiants, tous niveaux confondus, ont eu la possibilité de suivre une partie de leurs cours en présentiel à raison d’un jour par semaine et dans le respect de la limite des 20% de la capacité d’accueil.

Il en a été différemment pour la vie associative étudiante. Depuis la rentrée, dans le contexte de reprise de l’épidémie, les grands rendez-vous habituels de la vie étudiante ont dû être revus et annulés pour la plupart.

« J’ai pris mes fonctions de co-présidente « Événementiel » au sein du nouveau bureau de l’Union PSL, le BDE de l’Université PSL, en mai 2020, peu après l’annulation de la Garden Party ou la digitalisation de la Semaine de Pensée. Pour la rentrée de septembre, nous étions plus que jamais prêts à reprendre le cours de la vie de l’association. Cependant, très vite avec la dégradation de la situation sanitaire, nous nous sommes retrouvés dans la même situation que le mandat précédent. Nous sommes passés par toutes les phases : déçus et frustrés puis démotivés et lassés. Nous nous sentions impuissants et dépassés par les événements, dans l’impossibilité de se réunir avec les membres de l’Union et les étudiants de PSL, privés de notre mandat et d’expérience associative. Heureusement cette période à blanc nous a néanmoins permis de développer notre capacité à nous renouveler et à inventer de nouvelles choses. Nous avons réussi, collectivement, à voir le positif de cette situation très singulière et incertaine. Les événements prévus chaque année ont donc été totalement repensés et d’autres, inédits, sont nés lors de nos échanges sur Teams (comme quoi ça a aussi du bon). Ainsi des Pub Quiz en ligne, le Calendrier de l’avent avec plusieurs événements en décembre ou encore La Castagne, une semaine de défis entre les écoles de PSL, ont vu le jour. Les Cousinades se sont transformées en jeu de piste dans les rues de Paris et l’Agora en guide numérique reflétant la richesse du tissu associatif de PSL » témoigne Anne Boisjot, co-présidente « Evénementiel » de l’Union PSL

La castagne cr Université PSL

Dessin d’une étudiante du CPES en réponse à l’un des défis proposé par l’Union PSL pour animer la vie étudiante de PSL

Pour Yann, élève ingénieur à Mines Paris – PSL, qui organisait en 2020 le premier TEDxPSL, le constat est assez similaire.  
« L’année a été riche en rebondissements, c’est le moins qu’on puisse dire. A l’hiver 2020, nous étions en pleins préparatifs pour l’organisation de la première édition du TEDxPSL prévue en mai. Elle n’a pas eu lieu bien sûr et les évolutions de la crise sanitaire nous contraignent à faire durer le suspense encore un peu plus longtemps ! Certains élèves ont dû quitter l’association, car ils partaient en césure à l’autre bout du monde, d’autres ont rejoint l’équipe en cours de route, et enfin nos objectifs n’ont cessé d’être revus et modifiés au fil des diverses annonces du gouvernement. Mais on y croit et in fine cela nous a appris à être extrêmement flexibles ! »

On voulait faire quelque chose pour aider les camarades. Le fait d’avoir vécu le confinement nous avait déjà donné un bon aperçu des situations pénibles, aider était une évidence. On ne s’est pas posé la question 36 fois

Flexibles et solidaires, pourrait-on ajouter. Car au fil de cette année, la solidarité qui pré-existait entre les étudiants du campus s’est révélée plus palpable et quantifiable à toutes les échelles. Des étudiants entrepreneurs du programme PSL Pépite ont mobilisé leurs projets, leurs start-up pour venir en aide aux soignants ou aux familles dès le printemps. Des élèves ingénieurs ont mis leur savoir-faire au service d’initiatives mondiales pour compiler les données sur la maladie, d’autres ont imprimé des visières 3D pour équiper les soignants, et ceci sans compter toutes celles et ceux qui ont donné de leurs temps pour rejoindre les rangs des associations telles que Nightline et autres. Par exemple, l’association dauphinoise Fleur de Bitume, après avoir dû annuler une partie de ses activités au printemps, a pu repartir de plus belle à la rentrée 2020 et ce, malgré un recrutement des nouveaux membres à distance. Pour Juliette, Ethel et Camille, le fait qu’elle soit « une association solidaire qui fait des actions concrètes » a permis d’attirer les nouvelles recrues et, passée la déception de ne pas pouvoir tenir les traditionnels bars de recrutement, l’association a eu une belle rentrée. Fleur de Bitume, tout comme l’Union PSL ou le BDE de Chimie ont d’ailleurs répondu présents à l’appel de la vie étudiante de PSL pour organiser, en partenariat avec l’association Linkee, des distributions alimentaires à destination des étudiants pendant l’hiver 2021.
« On voulait faire quelque chose pour aider les camarades. Le fait d’avoir vécu le confinement nous avait déjà donné un bon aperçu des situations pénibles, aider était une évidence. On ne s’est pas posé la question 36 fois » témoigne Camille.

Fleurs de Bitume Dauphine - PSL

Plus de 200 paniers ont été distribués pour la première édition fin février et des rendez-vous sont prévus toutes les deux semaines sur le campus. Fleur de bitume se concentre également sur l’organisation d’une grande maraude courant avril et sur le recrutement du nouveau bureau de l’association pour la rentrée 2021.
En dépit des difficultés, des ajustements nécessaires, l’horizon s’éclaircit petit à petit et une rentrée 2021 sans masque est dans les esprits. Cette année hors-normes aura mis à mal la vie du campus, mais elle a aussi, paradoxalement, permis de consolider les liens, suscité des élans de solidarité et bousculé les habitudes pour mieux les réinventer.