Projets et recherches en cours

Les thématiques de recherche

La Chaire mobilise les compétences et l’expertise des enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses en sciences de la nature, sciences humaines et sociales, sciences de l’ingénieur et en art. Ces collaborations interdisciplinaires visent à appréhender la ville comme un système complexe, afin de diagnostiquer ses problèmes et d’éclairer les décisions capables de les traiter.

Notre programme de recherche ambitionne de mettre en place une analyse intégrative, réunissant des approches qualitatives et quantitatives, capables d’articuler la perception subjective des villes avec leur compréhension objective. Cela passe par l’élaboration d’indicateurs diversifiés. D’une part, cela signifie indiquer des directions où mener des enquêtes pour observer et rendre visibles des pratiques associées aux territoires urbains. D’autre part, cela suppose de réfléchir aux indicateurs pertinents pour déterminer des ordres de grandeur qui expliquent le fonctionnement et l’évolution des villes et aident à mieux comprendre les effets produits par des interventions visant à les modifier. Pour l’ensemble des travaux qui seront conduits, une attention sera portée aux différentes données mobilisées ainsi qu’aux interfaces – notamment les plateformes numériques – aidant à leur explicitation et leurs usages.

En dialogue avec les grandes problématiques qui animent la recherche en architecture et en études urbaines, six axes d’investigations interdisciplinaires souhaitent renouveler la compréhension des pratiques urbaines.

Le modèle de la ville-métabolisme

Le modèle de la ville-métabolisme interroge les dynamiques et les flux qui traversent les territoires urbains, en articulant mobilités, usages, nature, infrastructures et bâti. Il permet de réfléchir à la coexistence de multiples métabolismes et aux activités de construction et de dégradation qui façonnent la ville, tout en évaluant la capacité des villes à devenir durables, inclusives et désirables.

Cette approche invite à explorer les interactions entre quantification des flux matériels, coexistence des métabolismes et transformations des espaces, afin de rendre le modèle à la fois conceptuellement riche et opérationnel pour penser et intervenir dans les villes contemporaines.

Urbanisme de l’eau : concertation, droits, infrastructures et espaces littoraux

L’urbanisme de l’eau explore les interactions entre environnement naturel, infrastructures et vie urbaine, en considérant l’eau comme un élément matériel, un milieu dynamique, un artefact historique et un fait social total.

Cette approche permet de révéler les rôles multiples de l’eau dans la circulation, le stockage, la gestion et l’appropriation des territoires, ainsi que les dynamiques complexes qui lient vie, techniques et transformations urbaines. Ports, infrastructures hydrauliques et mobilités littorales deviennent ainsi autant d’entrées pour comprendre comment les villes se façonnent et se réinventent à travers leurs relations à l’eau.

Évolution des villes et la coexistence de strates

Les villes sont constituées de strates où s’entremêlent et se connectent diverses spatialités et temporalités. Il s’agit d’adopter un regard archéologique, historique et géographique sur les phénomènes urbains, permettant de décrypter comment les événements et les pratiques passées influencent les manières actuelles d’habiter les villes contemporaines et de s’y déplacer.

Dans cette perspective, le travail consiste à analyser les dynamiques d’interdépendance entre la ville et son territoire, considérés comme des environnements en constante évolution et en interaction permanente. La ville et son territoire forment un système interconnecté dont les mutations, transformations et interactions constituent les manifestations essentielles de leur métabolisme. Les approches combinant sciences du territoire, sciences historiques et archéologie permettent de documenter ces processus, de décrypter les agrégations et transformations successives des espaces habités, des architectures et des aménagements, et d’identifier des indicateurs pertinents pour éclairer la pensée urbaine contemporaine.

L’objectif est d’analyser comment les événements passés et les pratiques anciennes ont façonné les manières actuelles d’habiter, tout en interrogeant leur potentiel à influencer les transformations futures, offrant ainsi une réflexion prospective sur la ville de demain. Les axes principaux de ce travail comprennent l’intelligence de la rue, les « mémoires » de la dalle, et un axe transversal dédié aux sources et archives.

Évaluer la « bonne santé » des villes et la qualité de vie des habitants

Évaluer la qualité de vie en ville peut s’appréhender objectivement par les données mais aussi par l’expérience subjective des habitants. Il s’agit d’enrichir ces approches intégratives en prenant en compte les données relatives à l’environnement urbain, par exemple la pollution des sols, de l’air, de l’eau, et la présence de vivants non-humains qui produisent des effets positifs ou négatifs sur les conditions de vie. Le développement de nouvelles méthodes d’analyse de l’air et de l’eau permet d’évaluer l’état de santé des populations urbaines et interroge la manière dont les projets de construction peuvent intégrer ces avancées pour favoriser la santé.

Au-delà de la métaphore de la ville comme organisme vivant, il s’agit de comprendre comment architectes et urbanistes se positionnent en véritables « médecins des villes » pour concevoir des environnements plus sains et résilients.

Normes et gouvernance : approches réflexives

Mettre en évidence les logiques institutionnelles qui encadrent et orientent les interventions sur les territoires urbains constitue un enjeu majeur pour identifier les freins et les leviers avec lesquels composent les acteurs impliqués dans la gouvernance des villes. Cette réflexivité sur les déterminants humains et sociaux vise à élaborer des instruments permettant de mieux éclairer la prise de décision en matière d’urbanisme et d’architecture.

La recherche-création et l'exploration sensible du champ des possibles

En utilisant les ressources de l’art, cette action de recherche-création vise à déployer une réflexion sur la ville-métabolisme à travers la fabrication d’images et d’imaginaires, l’expérimentation en design et des formes performatives, conçues comme des moyens de réhabiter les territoires urbains.

Dans cette perspective, la Chaire Ville Métabolisme s’est engagée, à partir de l’automne 2024, dans un partenariat avec l’École des Gobelins Paris autour d’une recherche-création. Fondée sur la création de films photographiques artistiques, cette collaboration explore le sensible comme voie d’entrée dans la compréhension du métabolisme urbain, en articulant démarches de création et production d’outils d’analyse scientifique.

Projet 2024-2025 : Les imaginaires de La Défense

Projet 2026-2027 : L’eau en filigrane : métabolisme et anatomie