Chaire Ville métabolisme
Portée par l'Université PSL et initiée par l'agence d’architecture PCA-STREAM, la Chaire Ville Métabolisme est un programme interdisciplinaire de recherche-action soutenu par Groupama Immobilier, Artelia et PCA-STREAM. Elle s’appuie sur une dynamique collective pour explorer des questions de recherche inédites sur la ville, dispenser des cours et inventer des formations innovantes.
Les villes sont des environnements construits où s’entrelacent dynamiques écologiques et activités techniques. La qualité de la vie y dépend de phénomènes à l’interface entre le biologique et le social. Pour aborder cette réalité, la Chaire propose d’envisager les villes comme des métabolismes ou comme des espaces de coexistence entre des métabolismes variés.
L’objectif est de développer des expertises collectives de la ville nées d’une approche scientifique hautement pluridisciplinaire. Ces expertises visent à conjuguer approches quantitatives et qualitatives pour élaborer des méthodologies intégratives capables d’embrasser la complexité des phénomènes urbains. Au croisement des disciplines de l’Université PSL, la Chaire organise des actions de recherche et de formation novatrices. Elle associe les étudiantes et les étudiants pour leur transmettre des compétences interdisciplinaires et explorer de nouvelles manières de concevoir, construire et d’habiter.
La ville métabolisme : comprendre comment les interventions humaines sur les territoires urbains peuvent s’articuler de la façon la plus harmonieuse avec des conditions écologiques
Pour que les êtres vivants se maintiennent en vie, se reproduisent, se développent, se déplacent, ils ont besoin d’échanger avec leurs milieux. Pour y parvenir, il y a le métabolisme : un réseau de processus d’interactions et de réactions bio-chimiques.
Le métabolisme renvoie à deux grandes catégories de processus se déroulant à l’échelle moléculaire pour construire des molécules complexes à partir de molécules simples (« anabolisme ») et pour dégrader des molécules complexes en molécules simples, en libérant de l’énergie (« catabolisme »).
Le métabolisme est un réseau de processus d’interactions et de réaction bio-chimiques qui permettent aux êtres vivants de se maintenir en vie, de se reproduire, de se développer, de se déplacer grâce à des échanges avec leurs milieux.
Qu’en est-il des villes ? Comment se maintiennent-elles, se développent-elles ? Le métabolisme a été utilisé en architecture pour décrire la vision utopique de mégalopoles dotées de structures flexibles, mouvantes, pouvant s’étendre à large échelle à l’image d’un processus de croissance organique (le mouvement "métaboliste” japonais, dans les années 1960 ) ou dans les études urbaines pour décrire les flux et les échanges de matières – énergie, eau, nutriments, déchets –, circulant dans les villes comme elles le feraient dans un corps (« métabolisme urbain »).
En même temps que ces analogies, la ville métabolisme peut se définir comme un espace où coexistent un large éventail de métabolismes, à l'œuvre chez des êtres vivants humains et non-humains (animaux, végétaux, micro-organismes, etc.). Or, les manières de construire et d’habiter les villes sont liées à la multiplicité de ces formes organiques. À plusieurs échelles, d’innombrables activités métaboliques s’y effectuent, associées par exemple à la nutrition, à la mobilité, à la respiration, au cycle du sommeil.
Il convient donc de comprendre comment les interventions humaines sur les territoires urbains peuvent s’articuler de la façon la plus harmonieuse avec des conditions écologiques.
À une autre échelle, étudier la ville métabolisme consiste également à se pencher sur la diversité des pratiques humaines visant à transformer et à recomposer les éléments existant dans des environnements construits. Réparer, réutiliser, réemployer, rénover, réhabiliter, réaffecter, remédier, décontaminer, restaurer, renaturer, ré-ensauvager, réaffecter, etc. : toutes ces activités – à l’intersection entre des dynamiques matérielles, biologiques, écologiques, techniques et institutionnelles – invitent à envisager les territoires urbains comme des phénomènes évolutifs à étudier dans une perspective historique et prospective.
Concevoir, construire et habiter les villes de demain
"En développant des savoirs sur la vie et des biotechnologies, les humains transforment en profondeur leurs conditions d’existence sur Terre. Pour étudier ces phénomènes à l’interface entre le biologique et le social, l’Université PSL et le CNRS ont mis en place plusieurs programmes interdisciplinaires auxquels j’ai eu le plaisir de participer avec l’équipe « Anthropologie de la vie », composante du Laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France. Au fil des années, le dialogue avec les sciences de la nature a enrichi notre réflexion et nous a permis d’expérimenter de nouveaux types de formations pour les étudiants et les étudiantes. Le lancement de la Chaire Ville Métabolisme – Université PSL,en collaboration avec PCA-STREAM, Groupama Immobilier et Artelia, permet d’élargir cette dynamique collective, incluant les études urbaines, les sciences de l’ingénieur, et les expérimentations en art. Conjuguer nos expertises et nos méthodes pour apporter de nouveaux éclairages sur la manière de construire et d’habiter des villes est un projet passionnant dans lequel les enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs de la Chaire s’impliquent avec beaucoup de conviction et d’enthousiasme."
Perig Pitrou, responsable scientifique de la Chaire Ville Métabolisme.
Crédit image : NASA
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